28 décembre 2011

7. D'un autre soir

C'est dans le silence qu'on découvre finalement les gens. C'est dans cet instant-là que s'achève le portrait. Le silence c'est les regards baissés entre deux phrases, les yeux qui glissent dans l'échancrure d'un col ou un avant bras, c'est une latte de cigarette. C'est un moment pour déterminer si on révèlera ou non un détail, posera ou non une question.

Dans les silences, on découvre et on laisse entrevoir les peines, les doutes, les questions sans repos.

Le silence c'est le temps qu'il faut pour trouver l'endroit idéal où cacher, du moins pour l'instant, ce qu'on ose avouer. Ces trésors dont la honte nous agite encore, malgré l'expérience, malgré les amants du passé, malgré la chaleur du radiateur et du vin. Malgré les adieux, brutaux et injustes.

Pourtant, c'est un moment aussi, où tout se passe. La capacité de se taire, c'est rendre la conversation possible. Le silence c'est donc moins la peur avouée en creux que la confiance d'un autre soir, d'un autre après-midi à marcher côte à côte.

C'est savoir que cela peut suffire. Cette présence et cette affection peut suffire, et qu'elle n'a pas besoin de papier peint.

Alors parfois, je me tais. Pour voir où ça conduit. Parce qu'il y a ce qui apparait dans le silence.

Posté par timju à 23:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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